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Interview Famille d'accueil

Brigitte P.

Depuis combien de temps êtes-vous accueillant ? 
Quelle était votre profession avant de devenir accueillant ?  

Je travaille depuis 35 ans comme Famille d’Accueil.

Je travaillais avant à Coulogne dans une association qui nous envoyait chez les personnes âgées pour s’occuper d’elle, le repas, le ménage, etc.

C’est beaucoup mieux. On peut sortir avec la mamie, on peut aller où on veut. Moi je les ai toujours pris pour aller en vacances, pour aller manger au restaurant, on fait beaucoup de sorties, beaucoup d’activités, tandis que les EHPAD ils sont dedans et s’ennuient. 

Que pensez-vous de cette alternative aux EHPAD pour des personnes ayant perdu leur indépendance ? 
Combien de personnes âgées hébergez-vous ?
Quels âges ont-ils ? 

J’en ai une, ça fait 17 ans qu’elle est chez moi. J’en ai repris une exceptionnellement pour quelques mois parce que la famille ne trouvait pas d’autres personnes pour la prendre. Mais sinon j’avais dit que j’arrêtais, j’avais dit que je ne voulais plus de mamies pour prendre ma retraite. Profitez un peu avec mon mari. Au bout de 35 ans.

J’ai eu 13 personnes en tout, en 35 ans de carrière. J’ai eu une personne pendant 21 ans.

Quelles pathologies ont-ils ?  

Une elle a la maladie d’Alzheimer et la deuxième elle a eu 3 cancers. Je l’ai prise avec moi, car je la connaissais, j’ai eu sa maman il y a 20 ans et ça s’était très très bien passé. Et l’autre mamie que j’ai, elle a une démence, elle a passé 20 ans en hôpital psychiatrique, elle a fait 5 familles d’accueil avant la mienne. On a eu un temps d’adaptation, mais ça s’est très bien passé, comme je l’ai dit il faut énormément de patience.

Matin toilette et petit déjeuner avec jus orange. 10h30: lecture.
Puis repas du midi et ensuite  sieste d'une heure.
L'après-midi on fait des activités: Carte pour les anniversaires, on discute beaucoup. 
Quand il n'y aura plus de covid, on repartira faire nos sorties qu’on faisait avant (marche, plage, lac)

Pouvez-vous me raconter une journée type avec vos pensionnaires ? 
Comment vivez-vous la crise du Covid depuis les débuts avec vos pensionnaires ?

On essaye de les rassurer, de leur parler. On reçoit quand même un peu la famille sinon on leur fait voir sur le téléphone et la mamie est sourde donc le téléphone ce n'est pas évident pour elle. On essaye de les occuper au maximum et de maintenir un lien quand on peut. Sinon on les fait venir au portail, on met une chaise et elle discute avec sa famille.  On les a vaccinés, et on espère que le mois prochain on pourra sortir un peu. On les sort un peu en voiture à Calais.

Moi c’est toute ma vie, ça fait 25 ans. Il faut être patient et tolérant. Il faut que le mari soit d’accord aussi. On ne peut pas faire ce métier s’il n’y pas d’accord avec les enfants et le mari. 
Si on n’aime pas ce métier-là et qu’on n’a pas de patience, ce n’est pas la peine de le faire. Il faut être énormément patient. Je les habille, je leur montre plusieurs fois ce qu’elles veulent porter, et plusieurs fois elles me diront que ce n’est pas celle-ci qui leur plaît, donc on en reprend un autre, etc. 
Moi, maintenant je suis tellement habituée. On fait le maximum pour que les mamies soient bien. 

On dit souvent que le métier d’accueillant, est un métier « passion », qu’en pensez-vous ? Qu’est ce qui vous plaît dans ce métier ? 
Comment s’est passé vos premières rencontres avec vos accueillis que Famillys vous a proposé ? 

La mamie, elle vient boire une tasse de café, on discute un petit peu. On essaye de les faire venir manger, de temps en temps. Tous les quinze jours pendant 1 ou 2 mois. Pour les habituer, voir si elles vont se plaire ou pas pour voir leurs réactions. Et ensuite donc il y a 1 ou 2 mois d’essai et puis ça se fait comme ça tout doucement. 

Quand j’ai eu une mamie et que les enfants ne voulaient plus me payer, on est intervenu au bout de 6 ou 7 mois avec l’assistante sociale du conseil général et puis ça a traîné une petite année. J’ai eu tout mon rappel, c’est le plus gros problème que j’ai pu avoir. 

Quel le plus gros problème que vous pouvez, ou avez pu rencontrer dans votre métier ? 
Comment se passe vos relations avec les enfants des personnes âgées ?

Toujours très bien passé, on les invite aux anniversaires des mamies. À Noël ils viennent manger un morceau de bûche. On essaye de faire participer la famille pour qu’ils viennent à la maison, quand les mamies peuvent se déplacer elles vont passer la journée chez les enfants et puis on discute de leur journée, comment ça a été. Il faut toujours un bon contact avec les enfants, pour la mamie ce n’est pas évident s’il n’y a pas de contact proche. J’ai qu’une famille avec qui je ne me suis pas entendu en 35 ans de carrière. Si c’est pour couper le contact avec la famille, ce n’est pas la peine. 

Ce type d'entreprise, c’est super. J’aurais aimé connaître ce type d’entreprise plus tôt dans ma carrière, car pour l’administratif pour tout dès qu’il y a un souci on a la personne au téléphone et on peut expliquer la situation. C’est vrai que je regrette que depuis tant d’années il n’y ait pas eu ce type d’entreprise pour nous accompagner. Cela fait qu’un an que l'on travaille ensemble mais j'en suis très heureuse.

Pensez-vous qu’une entreprise comme Famillys qui met en relation personnes âgées et Famille d’accueil et qui fait la promotion de l’accueil familial est positif ?
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"Si on n’aime pas ce métier-là et qu’on n’a pas de patience, ce n’est pas la peine de le faire."