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Interview Famille d'accueil

Véronique D.

Depuis combien de temps êtes-vous accueillant ? 
Quelle était votre profession avant de devenir accueillant ?  

J’exerce le métier de Famille d’Accueil depuis 2011. Avant j’étais aide-soignante en Hôpital Psychiatrique, en EHPAD, en maison spécialisée avec des adultes handicapés.

C’est très bien pour les personnes qui ne peuvent plus rester chez elles vraiment toutes seules même avec une aide-ménagère. C’est une bonne alternative. Mais après à mon niveau quand ça devient trop compliqué je réoriente vers l’EHPAD. Quand une personne est atteinte d’Alzheimer ou bien d’addiction, je préfère ne pas les prendre. 

Que pensez-vous de cette alternative aux EHPAD pour des personnes ayant perdu leur indépendance 
Combien de personnes âgées hébergez-vous ?
Quels âges ont-ils ? 
Quelles pathologies ont-ils ?  

J’ai actuellement trois personnes chez moi. J’ai une dame qui a 97 ans sans pathologies (démence sénile, mais c’est gérable, ça fait 4 ans qu’elle est ici). J’ai une dame de 50 qui était avant en accueil thérapeutique par le biais d’un Hôpital Psychiatrique, c’était un accueil thérapeutique et on a basculé sur un accueil social, ça va faire 2 ans et demi qu’elle est là. J’ai une autre dame depuis le mois de juillet qui avait fait un AVC et elle ne pouvait plus du tout rester chez elle. 
J’ai accueilli une dame atteinte de la maladie de Charco, après 3 ans cela commençait à vraiment devenir compliqué, je pouvais passer jusqu’à 5h juste pour lui donner à manger. Il fallait également un lève-malade, même les infirmières qui venaient faire sa toilette trouvaient vraiment que c’était compliqué. 

Comment vivez-vous la crise du Covid depuis les débuts avec vos pensionnaires ? 


Depuis le début les familles viennent avec des masques, on aère avant après pendant, lavage de main, etc… C’est également une situation compliquée de gérer au quotidien. Cette crise n’a pas spécialement affecté mes accueillis.

J’ai arrêté de travailler en structure parce qu’on n’avait pas le temps avec nos personnes âgées. Tout y est chronométré, si vous devez faire 10 toilettes vous ne devez pas en faire 7 en prenant le temps de parler avec les personnes âgées. On fait ce métier parce qu’on apprécie ce métier, si on le fait pour la rémunération, ce n’est pas possible. 
J’adore ce que je fais,. Ça reste mon métier en premier temps, donc quand l’accueil commence à n’être plus gérable je préfère réorienter vers un service plus adapté pour la personne.  

On dit souvent que le métier d’accueillant, est un métier « passion », qu’en pensez-vous ? Qu’est ce qui vous plaît dans ce métier ? 
Comment s’est passé vos premières rencontres avec vos accueillis que Famillys vous a proposé ? 

Quand quelqu’un m’appelle, je demande un rendez-vous pour qu’on puisse se voir, c’est une question de feeling. On explique le contrat, les règles de la maison. Il y a un mois d’essai qui est renouvelable, on apprend à se connaître, on ne plaît pas forcément à tout le monde. C’est un métier humain donc évidemment c’est aussi et surtout au feeling, car on ne peut pas plaire à tout le monde et il faut également que l’accueil soit cohérent entre les personnes âgées.

Toutes les personnes que j’ai pu accueillir, je trouve que les familles ne sont pas très présentes. Les accueillis ont quelques visites, mais la famille se repose un peu sur la famille d’accueil. 
Mais le seul problème que j’ai pu rencontrer c’était cette dame atteinte de la maladie de Charco, je ne suis pas une structure et ça devenait compliqué avec le temps. C’était vraiment trop lourd, elle était alitée 24 h sur 24, après on ne la comprenait plus. Là j’ai été un peu au-delà de mes limites d’accueillante, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête avec cette dame, mon accueil n’était plus du tout adapté. Elle prenait une bonne partie de ma journée et je n’avais donc plus assez de temps pour m’occuper de mes autres accueillis. 

Quel le plus gros problème que vous pouvez, ou avez pu rencontrer dans votre métier ? 
Pensez-vous qu’une entreprise comme Famillys qui met en relation personnes âgées et Famille d’accueil et qui fait la promotion de l’accueil familial est positif ?

Je trouve que c’est bien,  je pense que ça peut nous permettre de faciliter notre métier sur certaines démarches de recherches de personnes âgées ou administratives. C’est vrai que les conseils départementaux ne font pas grand-chose pour faire connaître cette alternative au plus grand nombre. 

Avec la dame de 97 ans, là c’est assez compliqué, elle ne veut absolument rien faire. Elle veut être tranquille dans sa chambre, mais elle vient aux repas. La dame qui a fait son AVC lit énormément.
Avec la dame qui a 50 ans elle est suivie par le CFP, donc la journée elle va faire des activités de son côté à l’extérieur. Mais sinon du jardinage, mais j’essaye quand même de les stimuler, il ne faut pas les forcer non plus. Je propose un jeu, si elles veulent tant mieux, si elles ne veulent pas ce n’est pas grave. Je n’ai pas de planning prédéfini qui explique tel ou tel jour on fait ça, etc…
Pour la dame de 97 ans, je trouve qu’elle a mérité son repos. 
On n’a pas vraiment des journées types. Mais tout le monde mange ensemble le midi et le soir, on n’est pas à un quart d’heure près non plus. 

Pouvez-vous me raconter une journée type avec vos pensionnaires ? 
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"C’est très bien pour les personnes qui ne peuvent plus rester chez elles vraiment toutes seules"