Espérance de vie chez la personne âgée après une embolie pulmonaire : comprendre, anticiper, accompagner votre parent après le choc
- L'équipe de Famillys

- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 10 heures
L'embolie pulmonaire est un événement brutal, souvent vécu comme un véritable choc par les proches. Lorsqu’un parent âgé est hospitalisé en urgence pour un caillot dans les poumons, les familles se retrouvent confrontées à une avalanche de questions :
Quel est le pronostic ?
Peut-il s’en remettre ?
Va-t-il retrouver son autonomie ?
Y a-t-il un risque de récidive ?
Au-delà de l’urgence médicale, c’est souvent toute une trajectoire de vie qui bascule en quelques minutes. Après l’hospitalisation, de nouvelles fragilités peuvent en effet apparaître : une fatigue durable, un sentiment d'essoufflement, une perte de confiance et des difficultés à vivre seul. Pour beaucoup de seniors, l’embolie pulmonaire marque un avant et un après.
Cet article propose un éclairage clair, accessible et documenté, pour aider les familles et les aidants à comprendre l’espérance de vie après une embolie pulmonaire, mais aussi les conséquences concrètes sur la santé, l’autonomie et le quotidien. Vous y trouverez également des conseils pratiques pour accompagner un proche, y compris lorsque cet épisode fragilise son autonomie et nécessite un environnement plus sécurisant et une solution d'hébergement.
Important :
Cet article a une vocation informative. Il ne remplace absolument pas un avis médical, mais vise à aider les familles à mieux comprendre et accompagner un proche âgé.
1. Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire ? Comprendre l’événement pour mieux l’appréhender
1.1 Définition, localisation et conséquences
L’embolie pulmonaire correspond à l’obstruction d’une ou plusieurs artères pulmonaires par un caillot sanguin (thrombus). Dans la majorité des cas, ce caillot se forme initialement dans une veine profonde d’une jambe ou du bassin (on parle de phlébite), puis migre vers les poumons.
Cette obstruction empêche une bonne circulation du sang vers les poumons, ce qui perturbe l’oxygénation de l’organisme et peut provoquer :
un essoufflement soudain, parfois intense,
une douleur thoracique augmentée à l’inspiration,
une accélération du rythme cardiaque,
une sensation d’oppression ou d’angoisse,
parfois un malaise ou une perte de connaissance.
1.2 Cas particulier et prise en charge chez les seniors
Chez les personnes âgées, l’embolie pulmonaire est particulièrement préoccupante. Elle survient souvent sur un terrain déjà fragilisé : maladies cardiaques, insuffisance respiratoire, immobilisation prolongée, déshydratation, chirurgie récente, cancer, alitement ou chute ayant entraîné une perte de mobilité.
L’enjeu principal est la rapidité de la prise en charge. Plus le diagnostic est posé tôt et le traitement initié rapidement, plus les chances de stabilisation et de récupération sont élevées.
2. Espérance de vie après une embolie pulmonaire : ce que montrent les données médicales
Il n’existe pas de réponse unique à la question de l’espérance de vie d'un individu après une embolie pulmonaire. Le pronostic dépend toujours d’une combinaison de facteurs, médicaux mais aussi fonctionnels et sociaux.
2.1. La gravité de l’embolie
On distingue généralement trois grandes situations :
L’embolie pulmonaire massive : Elle touche une artère pulmonaire principale et met en jeu le pronostic vital immédiat. La prise en charge est urgente et lourde.
L’embolie pulmonaire sous-massive : Elle entraîne une perturbation importante de la circulation pulmonaire, mais permet une stabilisation plus rapide sous traitement.
Les embolies segmentaires ou sous-segmentaires : Plus petites, elles sont souvent mieux tolérées et associées à un pronostic plus favorable.
Plus l’embolie est volumineuse, plus elle impacte le cœur et les poumons, et plus le risque de complications est élevé.
2.2. L’âge et l’état de santé général
Chez les personnes âgées, l’espérance de vie après une embolie pulmonaire dépend fortement :
de la fonction cardiaque,
de la capacité respiratoire,
de la mobilité avant l’événement,
de la présence de maladies chroniques comme le diabète, une insuffisance rénale, des maladies neurologiques ou un cancer.
Un senior jusque-là autonome et en relativement bonne santé peut retrouver une vie stable. À l’inverse, chez une personne déjà fragile, l’embolie peut entraîner une perte d’autonomie durable.
2.3. Le délai de prise en charge
Un diagnostic rapide améliore nettement le pronostic. Les anticoagulants, administrés en urgence, permettent de stabiliser la situation, d’éviter l’extension du caillot et de réduire le risque de décès précoce.
2.4. Le risque de récidive
La récidive est un facteur clé dans l’espérance de vie. Elle survient plus fréquemment :
en cas d’arrêt prématuré du traitement anticoagulant,
en présence d’un cancer actif,
lors d’une immobilisation prolongée,
lorsque la cause initiale n’a pas été identifiée.
Avec un traitement bien suivi et un accompagnement adapté, le risque de récidive diminue fortement.
3. Après l’embolie : fatigue, essoufflement et rééducation
Même lorsque l’embolie est bien traitée, les suites peuvent être longues, en particulier chez les seniors. Nous énumérons certaines situations :
3.1. Une fatigue persistante
Beaucoup de patients décrivent une fatigue profonde, parfois déconcertante. Elle peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le corps a subi un choc important, et la récupération demande du temps.
3.2. Un essoufflement à l’effort
La respiration peut rester difficile lors de la marche, de la toilette ou des tâches du quotidien. Cet essoufflement limite l’autonomie et peut augmenter le risque de chute.
3.3. Le syndrome post-embolie pulmonaire
Chez certaines personnes, une gêne respiratoire durable persiste. Ce syndrome post-embolie nécessite un suivi spécialisé et parfois une rééducation respiratoire.
3.4. Le rôle essentiel du suivi médical
Après une embolie pulmonaire, le suivi comprend généralement :
un traitement anticoagulant sur plusieurs mois,
des consultations régulières,
parfois une échographie cardiaque,
une surveillance étroite des facteurs de risque.
Ce suivi est indispensable pour prévenir les complications et sécuriser la récupération.
4. Impact sur l’autonomie : un tournant pour les personnes âgées
L’embolie pulmonaire peut être un événement pivot dans la vie d’un senior. Même lorsque l’épisode aigu est maîtrisé, les conséquences fonctionnelles peuvent être importantes.
4.1. Baisse de mobilité
La fatigue et l’essoufflement rendent les déplacements plus difficiles. Monter des escaliers, marcher longtemps ou sortir seul devient parfois impossible.
4.2. Risque accru de chute
La faiblesse musculaire, les vertiges et la prise d’anticoagulants augmentent le risque de chute, avec des conséquences potentiellement graves.
4.3. Perte de confiance
Après un événement aussi brutal, certains seniors développent une peur de l’effort, voire une appréhension à rester seuls.
4.4. Isolement et fragilité sociale
L’embolie peut accentuer un isolement déjà présent, surtout lorsque la personne vivait seule ou disposait de peu de soutien familial.
5. Comment accompagner un proche après une embolie pulmonaire ?
L’entourage joue un rôle déterminant dans la récupération et pourra prendre les décisions qui s'imposent pour une reprise positive.
retirer les obstacles,
installer des barres d’appui,
améliorer l’éclairage,
limiter les risques de chute.
5.2. Organiser les rendez-vous médicaux
Le suivi est régulier, surtout les premiers mois. Les proches peuvent aider à coordonner les consultations et les examens.
La marche lente, les exercices respiratoires et les activités adaptées favorisent la récupération sans surmenage.
5.4. Surveiller les signes d’alerte
Essoufflement brutal, douleur thoracique, gonflement d’une jambe, malaise : ces signes doivent conduire à consulter rapidement.
5.5. Évaluer les besoins d’aide au quotidien
Selon la fatigue et l’autonomie, une aide humaine peut devenir nécessaire, temporairement ou durablement.
6. Quand envisager un environnement d’accueil adapté ?
Certains seniors retrouvent rapidement leur autonomie mais le retour à domicile peut devenir difficile après une embolie pulmonaire : fatigue persistante, essoufflement, risque de chute, isolement…
Un environnement d’accueil adapté peut alors offrir :
une présence rassurante, capable d’intervenir en cas de malaise, de chute ou de difficulté respiratoire ;
une surveillance quotidienne, essentielle lorsque la personne prend des anticoagulants ou présente un risque de récidive ;
un cadre calme et sécurisé, sans obstacles, avec un rythme de vie apaisé ;
un accompagnement humain personnalisé, attentif aux besoins physiques, émotionnels et sociaux ;
une continuité dans la convalescence, avec un suivi régulier, une aide à la mobilité et un soutien dans les activités du quotidien.
Cette solution est souvent pertinente lorsque la personne vit seule à son domicile et si la famille ne peut pas assurer une présence régulière. Dans ces situations, un environnement d’accueil adapté peut offrir un cadre plus sécurisant et mieux ajusté aux besoins de convalescence.
6.1. Les différentes possibilités d’accueil après une embolie pulmonaire
Le retour à domicile avec aides professionnelles
Solution adaptée lorsque la personne reste globalement autonome mais nécessite un soutien ponctuel et quelques travaux de sécurisation :
une infirmière pour la surveillance et les traitements,
la venue d'un kinésithérapie à domicile,
une dame de compagnie à certains moments de la journée
L’accueil familial pour les personnes âgées
Une alternative chaleureuse et humaine, particulièrement pertinente lorsque :
la personne a besoin d’une présence quotidienne,
l’isolement est un facteur aggravant,
la convalescence est longue,
la famille ne peut pas être présente en continu.
L’accueil familial offre un cadre stable, une vie sociale douce et une vigilance constante, sans la dimension institutionnelle d’un établissement. Le coût d'un accueil est également beaucoup plus abordable que les EHPAD, environ 50% moins cher, une fois les aides déduites.
L’hébergement temporaire en établissement (EHPAD ou résidence autonomie)
Utile pour une période de transition, vous pouvez étudier le coût d'une prise en charge temporaire au sein d'un EHPAD :
après l’hospitalisation,
en attendant une récupération complète,
lorsque le domicile n’est plus adapté.
L’objectif de l'hébergement temporaire en EHPAD est de sécuriser la période post‑embolique tout en évaluant l’évolution de l’autonomie.
Le séjour de rééducation ou de soins de suite
C'est totalement indiqué lorsque l’embolie a laissé des séquelles importantes comme :
un essoufflement sévère,
une faiblesse musculaire,
des troubles de la marche,
un besoin d’un suivi médical rapproché.
Ces structures permettent une réadaptation progressive avant un éventuel retour à domicile.
La cohabitation intergénérationnelle ou solidaire
Solution bien plus légère, adaptée aux seniors encore autonomes mais malgré tout fragilisés par l’événement, le béguinage ou une maison partagée offrent :
une présence rassurante,
une aide ponctuelle,
et lutte contre l’isolement.
6.2. Quand ces solutions deviennent elles pertinentes ?
Un environnement d’accueil adapté devient particulièrement utile lorsque :
la personne vit seule et ne peut compter sur une présence régulière ;
la fatigue est importante, rendant les gestes du quotidien difficiles ;
le risque de chute est élevé, notamment en cas de faiblesse musculaire ou d’essoufflement ;
la famille ne peut pas assurer une présence continue, malgré sa bonne volonté ;
la convalescence s’annonce longue, avec un besoin de soutien durable ;
le domicile n’est plus adapté, trop d’escaliers, obstacles, ou absence d’équipements sécurisés ;
la personne perd confiance, redoute l’effort ou craint de rester seule ;
le suivi médical est fréquent, nécessitant une organisation plus structurée.
FAQ - 5 questions fréquentes sur l’embolie pulmonaire chez la personne âgée
Peut-on vivre longtemps après une embolie pulmonaire ?
Oui. Avec un traitement adapté et un suivi régulier, de nombreuses personnes retrouvent une vie stable, même à un âge avancé.
La fatigue peut-elle durer plusieurs mois ?
Oui, surtout chez les seniors. C’est une conséquence fréquente et normale de l’embolie.
Le risque de récidive est-il important ?
Il existe, mais il est nettement réduit grâce aux anticoagulants et à un suivi médical rigoureux.
Peut-on vivre seul après une embolie pulmonaire ?
Cela dépend du niveau d’autonomie, de la mobilité et de la présence d’aidants.
Quels signes doivent alerter après une embolie ?
Essoufflement soudain, douleur thoracique, malaise, gonflement d’une jambe ou fatigue extrême.
Le conseil de Yann, notre kinésithérapeute
À la suite d'une embolie pulmonaire la rééducation et le retour à la vie quotidienne se font de façon progressive selon les besoins du senior. Dans tous les cas le retour à une mobilisation (passive dans un premier temps, puis active) est le principal objectif.
Conclusion
L’ embolie pulmonaire est un événement grave, mais elle n’est pas nécessairement une fatalité. Chez la personne âgée, elle peut cependant marquer un tournant dans l’autonomie et nécessiter un accompagnement renforcé.
Pour les aidants et plus généralement les familles, l’essentiel est de ne pas rester seules face aux décisions. Anticiper, sécuriser l’environnement et s’entourer de solutions humaines permet souvent de préserver la qualité de vie, la dignité et la sécurité du proche.
Inscrivez vous pour connaître les places en hébergement temporaire pour votre proche en complétant le formulaire ci-dessous.
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